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TRIBUTUM TAX NEWS
3ème trimestre 1999 - Numéro 15
Editeur : TRIBUTUM sprl - Avenue Van Crombrugghe 82 bte 2 - 1150 Bruxelles
Lettre pratique d'information fiscale
Sommaire
- Quelques jurisprudences surprenantes...
- STOP - Dernières nouvelles
- La nouvelle procédure de réclamation
- Qui sommes nous ?
- Et voici ce que les juges fiscaux ont décidés !
Quelques jurisprudences surprenantes ...
En matière dimpôt, tout commence bien sûr par le code fiscal (C.I.R. 92) mais de plus en plus de contribuables, plongés au coeur de situations iniques, se défendent, introduisent des réclamations, et on voit naître des jurisprudences parfois étonnantes. Oubliez donc vos notions de droit fiscal, et ... mettez-vous à la place du juge pour quelques instants.....
Jurisprudence n°
1: Après un contrôle fiscal , lAdministration refuse la déduction dune perte déclarée par le contribuable en arguant que sa comptabilité nest pas probante. Il ny a en effet pas trace dune liste dinventaire, (un chiffre de stock en fin dexercice est cependant produit), du matériel aurait été détourné à des fins privées (aucune preuve formelle nexiste cependant), des achats dune année ont été comptabilisés lannée suivante, etc... A votre avis, notre contribuable a-t-il gagné la partie?
Jurisprudence n°
2: Un contribuable, qui dispose dune spacieuse voiture de société, mais aussi dune voiture privée (une voiture de sport), se voit imposer par le fisc sur lavantage en nature procuré par le véhicule société. Son ménage comprend quatre personnes. Le contribuable se rebiffe pourtant et introduit une réclamation. Pensez-vous quil ait eu gain de cause ?
Jurisprudence n°
3: M. Dupont verse tous les mois une somme dune trentaine de milliers de Fb à son fils, qui se lance comme indépendant. Aucun des deux ne déclare ces sommes dans leur déclaration fiscale respective, ni en revenus, ni en dépenses déductibles. Le fisc, cependant, taxe le fils en qualifiant ces sommes de rentes alimentaires perçues. Furieux, le père introduit une réclamation, et exige à posteriori la déductibilité de ces sommes de ses propres revenus professionnels, puisquelles sont taxées chez son fils. Quen pensez-vous ?
Jurisprudence n°
4: M. Durant a reçu un avis de rectification de ses revenus déclarés, motivé quant au fond du raisonnement, mais sans mention du délai dun mois imparti légalement pour y répondre. Finalement imposé suite à cet avis de rectification, M. Durant introduit une réclamation en insistant sur le fait que ses droits de défense nont pas été respectés.
Jurisprudence n°
5: Deux comptables très futés ont imaginé, pour une des sociétés clientes quils conseillent, un "montage fiscal" imbattable, permettant de revendre, sans taxation de plus-values, un important patrimoine immobilier, en interposant une société off-shore britannique. Le fisc a malheureusement découvert la fraude. Avec quelles types de conséquences selon vous ?
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STOP - Dernières nouvelles - STOP - Dernières nouvelles - STOP
Le titre de conseil fiscal est désormais protégé!
Ça y est: nest plus conseil fiscal qui veut! La loi du 22 avrril 1999 et les A.R. du 4 mai dernier (Moniteur du 29 juin 1999) ont consacré le titre de conseil fiscal, qui est désormais protégé. Les conseils fiscaux, comme les experts comptables, dépendront de l Institut des experts comptables et des conseils fiscaux. Et vous, contribuable, serez-vous mieux protégé pour autant: on lespère!
Puisque cest bon pour vous, pourquoi ne pas en parler...
La cour dappel dAnvers vient de confirmer certains arrêts dappel antérieurs, donnant raison au contribuable qui déduit les honoraires quil paie à son bureau fiscal pour établir sa déclaration et valoriser ses frais professionnels réels. La cour justifie sa décision par la complexité croissante (sic!) des lois fiscales, et par le fait que ces frais font partie de lactivité professionnelle du contribuable. ( Anvers, 18 mai 1999)
La Belgique adore les "rulings" !
Un nouveau système de décisions anticipées en matière fiscale - mieux connu dans les milieux fiscaux sous le terme de "rulings" - est entré en vigueur le 14 juin 1999. Les demandes devront être adressées au "Service des décisions anticipées" à la Tour des Finances, par lettre recommandée. Ce service est dailleurs contactable par téléphone au 02/210.23.84. Surtout destiné aux amateurs dopérations fiscales susceptibles de qualification juridiques différentes.
Si vous avez introduit une réclamation...
Sachez que, sur base de la nouvelle procédure de réclamation, (voir notre article en page 4), ladministration fiscale ne peut plus sopposer à appliquer la législation relative à la publicité des actes administratifs, même dans le cadre dune réclamation. En effet, et également depuis larrêt de la cour darbitrage du 10 juin 1998, le directeur régional na plus de rôle juridictionnel, mais agit uniquement dans le cadre administratif. Vous aurez donc droit à la consultation des pièces de votre dossier fiscal, ainsi quà en obtenir des copies.
Il est trop tard donc il est encore temps...
Un contribuable omet de déclarer ses frais professionnels réels dans sa déclaration fiscale. Le fisc calcule limpôt dû, et, automatiquement, lui alloue le forfait pour charges habituel. Le contribuable (bien conseillé) rentre cependant une réclamation en signalant avoir commis une erreur en omettant de revendiquer la déduction de ses frais professionnels réels. La cour dappel de Bruxelles vient de lui donner raison, et a tenu compte des justificatifs de frais prouvant que les frais professionnels réels étaient supérieurs aux frais forfaitaires. (Bruxelles, 2 avril 1999)
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La nouvelle procédure de réclamation fiscale
Ce qui change:
* La loi du 23 mars 1999
relative à la procédure fiscale a été mise en application rétroactivement
à la date du 1er mars 1999, et sapplique donc à tous les litiges
à partir de lexercice dimposition 1999.
* Pour réclamer, un premier recours administratif auprès du Directeur
Régional est toujours obligatoire, endéans les trois mois
à partir de lenvoi de lavertissement extrait de rôle.
* Le fisc nest tenu à aucun délai pour y répondre. (personne
ne sen étonnera !)
* Nouveauté: en cas de non réponse, et 6 mois après
la date de la réception de la réclamation, - 9 mois en cas de taxation
doffice - une action judiciaire peut être introduite par le
contribuable auprès du Tribunal de 1ere Instance (Bruxelles, Arlon,
Namur, Nivelles, Liège, Mons, Anvers, Gand, Bruges, Hasselt et Eupen
pour les procédures en langue allemande). En cas de réponse négative
à votre recours administratif, dépêchez-vous: vous navez que
3 mois pour introduire votre action judiciaire. Plutôt court,"isnt
it"?
* Laction judiciaire éventuelle devant la cour dAppel
devra intervenir 1 mois maximum après signification du jugement au tribunal de 1ère Instance.
Cas où lancienne procédure sapplique toujours:
* Tous les litiges dont
limposition est rattachée aux exercices dimposition
1998 et antérieurs se verront appliquer lancienne procédure.(Exemple:
un petit malin omet volontairement de déclarer certains revenus
de lannée 1997, cela concerne donc lexercice dimposition
1998, il est donc taxable sur base du délai exceptionnel de 5 ans,
cest à dire potentiellement jusquà décembre 2002, et
il pourra donc introduire une réclamation avant le 30 avril 2003).
* Par contre, toutes les procédures en cours au 1er mars 1999 suivront lancienne procédure, sachant cependant quune action judiciaire au tribunal de 1ère Instance sera possible dès le 31/03/2001.
Ce que les nouvelles lois changent pour le contribuable:
* Des griefs nouveaux,
des pièces nouvelles sont autorisées à tout moment de la procédure
judiciaire.
* Des expertises, des demandes dindemnité de procédure sont
désormais possibles.
* Les intérêts de retard sur l"imposition contestée ne courront
que pendant les six premiers mois de lexamen de la réclamation
par le fisc (au lieu de 18 mois dans lancienne procédure).
* Létape supplémentaire du tribunal de 1ère instance et le
manque de magistrats compétents en matière fiscale vont allonger
encore la durée moyenne dune réclamation. Pour comparaison,
une attente de dix années pour traiter un litige parvenu jusquen
cour dappel nest pas inhabituelle actuellement.
* Le Code Judiciaire devient de fait le droit commun en matière de réclamation.
Textes légaux:
- Loi du 15 mars 1999 relative
au contentieux fiscal (Moniteur du 27/03/99)
- Loi du 23 mars 1999 relative à lorganisation judiciaire
en matière fiscale (Moniteur 27/03/99)
- Arrêté Royal du 25 mars 1999 (exécution de lart. 7 de la loi du 23/03/99) (Moniteur 27/03/99)
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Qui sommes -nous ?
"MCVH Fiscal Services" offre à ses clients une expérience unique en matière de procédure fiscale, de réclamation dimpôt et de gestion de contrôles fiscaux en IPP et ISOC. Notre expertise fiscale rend possible pour les professions libérales et les PME belges une planification fiscale personnalisée axée sur le long terme, qui vise à réduire l'imposabilité des revenus mobiliers, immobiliers et professionnels sur des bases légales.
Nos clients bénéficient également du "MCVH Téléfisc", qui répond aux besoins des entreprises et des particuliers ne disposant pas d'un expert fiscal ou juridique en permanence. "Téléfisc" leur permet d'avoir accès rapidement - endéans les 24 heures - et à un coût maîtrisé, à une information fiscale et juridique de qualité, soit par téléphone, soit par fax, soit encore via internet.
"MCVH Fiscal Services" répond enfin , en droit fiscal européen, aux salariés, aux indépendants et aux administrateurs, dans des situations de détachements, de transferts ou de répartitions d'activités. Les PME actives au sein de l' Union Européenne seront satisfaites par nos analyses des conventions internationales qui les concernent , mais aussi par nos études des prix de transfert permissibles et des structures de financement autorisées entre leurs différentes sociétés affiliées.
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Et voici ce que les juges fiscaux ont décidé !
Jurisprudence n° 1: La Cour dAppel (Anvers, 3 février 1998, F.J.F., N° 98/227) a jugé que les faits constatés sont suffisants pour rejeter les dépenses concernées, mais certainement pas pour déclarer la comptabilité non probante. Les calculs du fisc se basaient en effet largement sur les pièces comptables existantes, et ont permis d arriver à évaluer le bénéfice brut et le montant des frais professionnels.
Jurisprudence n° 2: LAdministration fiscale doit prouver que le contribuable a également utilisé sa voiture de société pour ses besoins privés. De simples présomptions ne suffisent sûrement pas, et le fisc ne peut décider à la place du contribuable à quel moment et avec quel membre de son ménage il est censé se déplacer. (Gand, 30 juin 1999 et Bruxelles, 11 juin 1999)
Jurisprudence n° 3: La Cour dappel (Bruxelles, 4 juin 1999) refuse la déductibilité de ces sommes. Dabord, le fils ne semble pas dans le besoin. La déductibilité à titre de rentes alimentaires nest donc pas possible. Par ailleurs, la Cour constate que le fisc sest trompé en taxant ces sommes à titre de rentes alimentaires perçues. Pourtant, il ny a malheureusement pas eu de "happy end": cest en effet le fils qui aurait dû rentrer une réclamation, or, il ne la pas fait! Moralité: nul nest censé ignorer la loi fiscale.
Jurisprudence n° 4: La Cour dAppel (Bruxelles, 18 juin 1999) a donné raison au contribuable: labsence de mention du délai de réponse a pour conséquence lirrégularité de la procédure de rectification, (pas de chance pour le fisc!) et entraîne donc la nullité de la cotisation enrôlée.
Jurisprudence n° 5: La société fraudeuse a bien sûr été taxée, mais le fisc transmis également le dossier au Parquet, qui engagea des poursuites pénales contre les deux comptables concernés. Lenquête fit aussi apparaître des fausses factures (ce qui est presque inévitable dans des ventes réciproques fictives). La Cour estima démontré que les comptables étaient bien à lorigine du mécanisme de fraude et les condamna, comme co-auteurs de la fraude, et sur base de larticle 455 du C.I.R.92, à cinq années dinterdiction dexercer les professions comptables et fiscales. Tel est pris qui croyait prendre !
Aviez-vous bien deviné ? Oui ? Ne perdez pas de vue cependant que des jurisprudences opposées existent aussi et que chaque décision de justice reste finalement toujours applicable au cas particulier en question, et à celui-là seul.
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