TRIBUTUM TAX NEWS
4ème trimestre 2000 (décembre) Numéro 18
Editeur : TRIBUTUM sprl - venue Van Crombrugghe 82 bte 2 - 1150 Bruxelles
Lettre pratique d'information fiscale
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| SOMMAIRE
Refusez
de payer l'impôt
Circulaires
illégales et tutti quanti
L'infarctus
déductible ?
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Et
si vous refusiez de payer l’impôt ?
Qui
d’entre nous n’a jamais exprimé, dans un moment de révolte,
cette volonté farouche de refuser un supplément d’impôts jugé
exorbitant ? Vains espoirs ? Certainement pas: le droit de ne
pas payer un impôt contesté figure bel et bien, noir sur blanc,
à l’article 410 du Code des Impôts sur les Revenus. Comment
s’y prendre ? En envoyant une simple lettre recommandée, dûment
motivée, et actant une réclamation, à votre directeur régional
des contributions!
Est-ce vraiment si facile ? Oui et non !
Où
l’on
constate pas mal de changements...
Si
vous vous trouvez effectivement dans la situation Ô combien
déplaisante de devoir faire face à
un supplément d’impôt que vous estimez
inique ou sans fondement, sachez que la procédure de
réclamation a subi récemment de nombreuses modifications de
par la loi du 23 mars 1999.
Le délai de réclamation
passe en effet de six mois à trois mois (à partir de
l’envoi de l’avertissement extrait de rôle) et la procédure
redevient purement administrative (entendez par là que le directeur
régional n’a plus de rôle juridictionnel).
Le contribuable peut désormais, en cas de non-réponse à sa demande,
introduire une action judiciaire auprès du Tribunal de 1ère
Instance. La faculté offerte par l’article 410 du C.I.R.92,
de ne payer que l’incontestablement dû, demeure heureusement
comme auparavant. Sachez
cependant, en cas de réponse négative à votre recours administratif,
que vous ne disposez que de trois mois pour introduire un recours
judiciaire. En
fait de changement, on constate donc surtout que tout va beaucoup
plus vite, et ce en défaveur du contribuable ! Qui s’en étonnera,
le fisc, lui, n’est bien évidemment tenu à aucun délai pour
vous répondre.
Trois
mois, c’est vraiment peu !!!
Respecter
un délai de trois mois pour réclamer, soit encore, en cas de
réponse négative, un autre délai de trois mois pour introduire
une action judiciaire, nécessite une organisation sans faille:
de nombreux contribuables, absents pour voyages d’affaires,
ou plutôt branchés “clients” l’ont déjà constaté à leur dépens.
Restez donc attentifs à tout courrier émanant du fisc ! Par
contre, une bonne chose introduite par la nouvelle législation
est la possibilité d’introduire des griefs nouveaux, des pièces
justificatives nouvelles à tout moment, une fois la procédure
judiciaire entamée.
Notre
conseil...
Comme
vous le voyez, il y a donc lieu d’agir vite, et à bon escient
malgré tout! N’oubliez
pas non plus que l’introduction d’une réclamation peut étendre
de 6 mois le délai d’imposition dont dispose l’administration
(art. 354, alinéa 4, C.I.R. 92), et que le relatif secret bancaire
dont tout contribuable belge dispose s’effacera lui aussi sur
base de l’article 374, alinéa 2, du même Code. Mieux vaut savoir....
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Circulaires
illégales et tutti quanti...
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les circulaires de l’administration fiscale n’ont AUCUNE valeur
légale, aucune force obligatoire à l’égard des contribuables.
Selon le Ministre des Finances, les circulaires fiscales “diffusent
simplement auprès des fonctionnaires l’interprétation
que l’administration fiscale souhaite donner aux textes légaux
et réglementaires. Le but avoué est donc bien de faire exécuter
les dispositions légales DE LA MÊME MANIERE dans les différentes
administrations fiscales du pays (ce qui est loin d’être le
cas actuellement)
*
quid des circulaires
fiscales illégales ? Le Ministre répond ici (Questions et
Réponses, Chambre, 1999-2000, n° 41, p.4826) “que les fonctionnaires
fiscaux peuvent être légitimement amenés à s’abstenir d’appliquer
une instruction hiérarchique qui s’avérerait manifestement illégale,
dans la mesure où le respect de la légalité doit constituer
(leur) obligation prioritaire” Ouf !
*
mais que vaut donc une déclaration
ministérielle ? Sauf votre honneur, pas grand chose non
plus, sauf pour les fonctionnaires fiscaux eux-mêmes: “..les
déclarations du Ministre..., ainsi que les réponses aux questions
parlementaires, contribuent dans le chef des contribuables à
l’établissement d’un état de confiance légitime constitutif du droit à la sécurité juridique, qui ne peut être
heurté par l’administration fiscale sous peine de violation
des principes de bonne administration”. (Q.&R ., Chambre,
1999-2000, n°41, p.4829) (Cassation, 27 mars 1992, les principes
de bonne administration s’imposent aussi à l’administration
des Finances, RCB,1995, p. 53)
*
enfin, comment interpréter les articles
obscurs du Code fiscal ? (si vous ne voyez pas à quoi on
pense, et que vous avez vraiment du temps libre , relisez
donc les articles 202 à 205 du C.I.R. 92, relatifs aux revenus
définitivement taxés). “ ..si le texte est ambigu ou obscur
après épuisement des moyens d’interprétation, il doit être lu
et appliqué dans le sens qui est le plus favorable au contribuable”
(Q.& R., Chambre, 1999-2000, n° 41, p. 4829)
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L'infarctus
déductible?
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